Centrafrique : le gouvernement veut supprimer une disposition du Code électoral

À quelques mois du premier tour théorique des scrutins présidentiel, législatif et municipal, et alors que l’opposition conditionne sa participation à ces élections groupées à la tenue d’un dialogue direct avec le président centrafricain, les autorités ont pris tout le monde de court en déposant sur la table de l’Assemblée nationale un projet d’amendement du Code électoral.

Au mois de décembre 2025, les Centrafricains seront théoriquement appelés aux urnes pour l’élection présidentielle, les législatives et les municipales. Six mois avant cette échéance, selon les informations du Courrier Panafricain, le gouvernement de Bangui aurait saisi l’Assemblée nationale en procédure d’urgence d’un projet d’amendement du Code électoral, portant sur la suppression de l’article 18.

La version actuelle dudit article dispose que « la liste électorale est permanente et fait l’objet de révision avant toute élection, sauf si celle-ci intervient moins de six (6) mois après la précédente ».

Tandis que le second alinéa du même article précise qu’en « dehors des périodes électorales, la liste électorale fait l’objet de révision du 2 janvier au 30 avril de chaque année, à la diligence de l’Autorité nationale des élections (ANE) ».

Toutefois, ces dispositions n’ont jamais été respectées depuis la promulgation du Code électoral. En novembre dernier, l’ANE a lancé les opérations de révision des fichiers électoraux et d’enrôlement de nouveaux électeurs dans 11 préfectures sur les 20 que compte le pays, lesquelles ont été jugées positives par ses responsables.

Mais l’opposition centrafricaine, rassemblée au sein du Bloc républicain pour la défense de la Constitution du 30 mars 2016 (BRDC), a demandé la reprise du processus, estimant que les opérations sont non « conformes aux standards nationaux habituels ».

Donc le projet de suppression de l’article 18 du Code électoral intervient alors que les revendications de l’opposition n’ont pas encore été prises en compte. Nous n’avons pas été en mesure de joindre le porte-parole du gouvernement centrafricain pour avoir une explication sur la démarche du pouvoir.

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