EXCLUSIF – À Paris, Umaro Sissoco Embaló, au service d’une ambition africaine, a été reçu par Emmanuel Macron  

De Dakar à Paris, de Djeddah à Pékin, en passant par Moscou et New York, Umaro Sissoco Embaló a multiplié, ces derniers jours, les déplacements et les entretiens de haut niveau. Si le contenu de certaines rencontres demeure confidentiel, cette intense activité diplomatique semble s’inscrire dans la campagne de soutien à la candidature de l’ancien président sénégalais Macky Sall au secrétariat général des Nations unies. Elle confirme aussi la volonté de l’ex-chef de l’État bissau-guinéen de jouer un rôle de premier plan dans les grands dossiers africains et internationaux.

S’il est une qualité que même les plus farouches détracteurs du président Umaro Sissoco Embaló peinent à lui dénier, c’est bien son énergie inépuisable. L’ancien président bissau-guinéen ne pratique pas la diplomatie à temps partiel. Lorsqu’il est convaincu de tenir une cause juste ou une bataille stratégique, il se lance corps et âme, multipliant les déplacements, les rencontres et les initiatives avec une intensité peu commune.

Chez lui, l’engagement n’est jamais tiède. Il ne soutient pas une cause à moitié, mais se donne tout entier. À preuve, depuis plusieurs semaines, la frénésie de son agenda diplomatique donnerait le vertige à bien des chefs d’État en fonction. À tel point qu’on peine à croire avoir affaire à un ancien chef de l’État. Et au cœur de cette séquence, il y a la candidature de l’ancien président sénégalais Macky Sall au poste de secrétaire général des Nations unies.

Le 17 juillet, Umaro Sissoco Embaló était à Dakar, aux côtés de Macky Sall, pour son retour très symbolique au Sénégal. Une présence qui n’a rien d’anodin. Elle intervient après une autre initiative diplomatique majeure, puisque quelques jours auparavant, l’ex-président bissau-guinéen a participé à une rencontre avec le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye, en compagnie de son homologue gambien Adama Barrow, dans le cadre des efforts destinés à consolider le soutien sénégalais à cette candidature. Ce travail de persuasion a finalement porté ses fruits. Dakar a officiellement apporté son appui à Macky Sall.

Reçu dans une cinquantaine de pays depuis le coup d’État

Mais l’ancien numéro un bissau-guinéen ne s’est pas arrêté aux rives du fleuve Sénégal. Après Dakar, direction Moscou. Puis New York, où il est resté au moins jusqu’au 23 juillet, au moment où la campagne pour la succession d’Antonio Guterres entrait dans sa phase la plus décisive, avec le passage des six candidats sur la grille des États membres de l’ONU.

Le voici désormais à Paris. Selon nos informations, Umaro Sissoco Embaló s’est entretenu ce 27 juillet en tête-à-tête avec Emmanuel Macron. Si rien n’a filtré sur la teneur de cet échange, il serait étonnant que la candidature de Macky Sall n’ait pas figuré parmi les dossiers évoqués entre les deux responsables.

D’ailleurs, leur proximité ne fait l’ombre d’aucun doute. Selon une source ayant requis l’anonymat, le président français, qui appelle affectueusement Umaro Sissoco Embaló « mon frère », l’aurait déjà reçu à une dizaine de reprises à l’Élysée depuis qu’il a perdu le pouvoir. D’après cette source, certains de ces entretiens se seraient même déroulés dans l’intimité du couple présidentiel, en présence de Brigitte Macron. La France demeure membre permanent du Conseil de sécurité et son influence est déterminante dans la désignation du futur secrétaire général des Nations unies.

Ces derniers mois, Umaro Sissoco Embaló a multiplié les déplacements à travers le monde. De Pékin à Bogota, de Manama, la capitale de Bahreïn, à Islamabad, en passant par les Émirats arabes unis, l’Arabie saoudite, la Tanzanie, la Somalie, Kinshasa ou encore Monrovia, au Liberia, l’ex-président a été reçu partout au plus haut niveau de l’État. Partout, ce sont les chefs d’État eux-mêmes qui lui ont ouvert leurs portes, signe de la place singulière qu’il occupe sur la scène internationale.

Quant à Brazzaville, elle est devenue presque une seconde résidence pour lui. On ne compte plus les séjours qu’il effectue auprès de celui qu’il appelle son « papa », le président congolais Denis Sassou Nguesso. Umaro Sissoco Embaló reste, à ce jour, le seul ancien chef d’État à avoir été reçu à la Maison Blanche par Donald Trump, même si le contenu de leurs échanges demeure confidentiel.

Le camp de l’action

Ce déploiement diplomatique révèle une constante chez Umaro Sissoco Embaló : il refuse de rester spectateur. Là où beaucoup se contentent d’assister aux événements, lui cherche à les influencer. Quitte à s’exposer aux critiques et à prendre des coups et des risques politiques. Il ne ménage ni sa peine ni son énergie.

Cette hyperactivité nourrit autant l’admiration que les critiques. Certains y voient une diplomatie personnelle parfois envahissante. D’autres saluent un dirigeant africain qui refuse le repli et entend faire entendre la voix du continent dans les grandes batailles internationales. Une chose est certaine : à l’heure où se dessinent les équilibres du monde, Umaro Sissoco Embaló a choisi son camp. Celui de l’action. Celui d’une Afrique qui entend peser sur son propre destin.

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