Les autorités nigériennes affirment que la tentative de renversement du général Abdourahamane Tiani, déjouée le 29 août à Niamey, aurait bénéficié de soutiens extérieurs. Plusieurs pays de la région, la Cedeao et la France sont mis en cause, sans qu’aucune preuve indépendante n’ait, à ce stade, été rendue publique.
La tentative de coup d’État survenue dans la nuit du 28 au 29 août à Niamey continue de provoquer des remous au-delà des frontières nigériennes. Après plusieurs heures de combats autour de la base aérienne 101, de l’aéroport international Diori-Hamani et du palais présidentiel, les autorités affirment avoir repris le contrôle de la situation.
Selon des informations relayées par Télé Sahel/RTN, les autorités nigériennes soupçonnent désormais plusieurs acteurs étrangers d’avoir soutenu ou facilité cette tentative de renversement du général Abdourahamane Tiani. Le Tchad, le Bénin, la Côte d’Ivoire, la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) et la France sont notamment cités.
Ces accusations interviennent alors que Niamey entretient, depuis le coup d’Etat de juillet 2023, des relations particulièrement tendues avec plusieurs pays occidentaux et Etats voisins, notamment ceux demeurés proches de la Cedeao. Le Niger a, dans le même temps, opéré un rapprochement stratégique avec la Russie et renforcé ses liens avec ses partenaires de l’Alliance des Etats du Sahel (AES).
Sur le terrain, les événements du 29 août ont également mis en lumière des fractures au sein de l’appareil militaire nigérien. Des militaires mutins auraient pris position à la base 101 avant d’être repoussés par les forces loyalistes, avec l’appui de combattants russes de l’Africa Corps, selon plusieurs sources.
À ce stade, les accusations visant le Tchad, le Bénin, la Côte d’Ivoire, la Cedeao et la France restent des allégations des autorités nigériennes. Elles n’ont pas, à ce jour, été étayées publiquement par des éléments indépendants permettant d’en établir la véracité.
Cette nouvelle crise constitue néanmoins un épisode supplémentaire dans la confrontation diplomatique qui oppose Niamey à plusieurs capitales ouest-africaines et à la France. Elle pourrait également accentuer les tensions au sein de la région, déjà profondément fragilisée par les recompositions politiques et sécuritaires consécutives aux coups d’Etat au Sahel.
Aucun des Etats mis en cause n’avait, au moment de la publication, publiquement réagi à ces accusations. Les prochains jours pourraient apporter des éléments permettant de mieux établir les circonstances de cette tentative de putsch et l’éventuelle implication d’acteurs extérieurs.



